N'obéissant qu'à ma devise "dévalons les vallons" je me suis engagée dans les Vallons du Pra alors que je n'aurais pas du du tout étant donné l'état de mon dos... j'ai mal aux reins et ça se fait vraiment sentir pendant le ski, m'obligeant même à faire des pauses pendant une piste. Avant c'était le mal aux cuisses surmenées, maintenant ça (les cuisses un peu moins) Ces enfoirés ont aménagé une piste forestière à la fin des vallons qui permet de regagner un des domaines sans lever le petit doigt, alors qu'avant on devait grimper un chemin, les skis sur l'épaule. Pff. Voilà que tout le charme, la difficulté, est en partie enlevée, et qu'encore une fois, on met à disposition des feignasses et pas doués les meilleurs endroits... Déjà qu'ils avaient installé un téléski à un endroit où on montait les skis sur l'épaule, annihilant ainsi un excellent hors piste délicieux par bonne poudre !
De la musique fictive dans ma tête, un air doux qu'un ami m'avait fait découvrir, le soleil s'était un peu montré, perçant les nuages, juste au dessus des crêtes terribles, et c'était magnifique. Là où c'était beau, je prenais le temps de m'arrêter regarder, longtemps, bien que ce paysage, je le connaisse par coeur. Les douces collines blanches que l'on dévale, désertes, le vide pour soi, toute la station à faire et refaire en un après-midi en évitant les rares endroits peuplés : c'est encore trop court, ce laps de temps est insuffisant, on voudrait être un oiseau, s'envoler depuis un sommet pour aller d'un pic à un autre... Assise, j'ôte le bruit du télésiège, des skis dans la neige et des échanges de paroles, et là miracle il n'y a vraiment aucun bruit. La montagne est un endroit extrêmement silencieux lorsqu'il n'y a pas de vent et qu'on est dans la partie où il n'y a plus de connifères. Là où il y en a, c'est un plaisir que d'entendre des oiseaux de temps en temps.
