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. : Le Tout-Là-Haut : le Valhalla

Le soleil qui se couche, projette sur une face de la montagne ses ultimes rayons, désespérés et envoyant une sorte de teinte très douce sur la neige qui n'a pas reçu cette caresse de la journée. L'Ave maria résonne dans ma tête. Je vois les nuages déchirés, plusieurs couches plates et de plusieurs consistances, au loin et les rayons du soleil qui en sortent, plus haut, de l'or pur. Prend une grande inspiration. Et dévale la piste éclairée par le soleil, piste noire, ma préférée, dont le début donne la plus magnifique vue sur toute la vallée, la Chartreuse, le Vercors. Il n'y a personne sur la piste, car il est tard et les télésièges allant bientôt fermer, les gens ne s'aventurent pas très haut dans la station. De toute la journée, comme avant-hier, quasiment toutes les pistes furent à moi toutes seules, ajoutez également à un moment le domaine de Pleynet qui était par contre surchargé l'autre fois. C'est un noble hommage à la montagne...

N'obéissant qu'à ma devise "dévalons les vallons" je me suis engagée dans les Vallons du Pra alors que je n'aurais pas du du tout étant donné l'état de mon dos... j'ai mal aux reins et ça se fait vraiment sentir pendant le ski, m'obligeant même à faire des pauses pendant une piste. Avant c'était le mal aux cuisses surmenées, maintenant ça (les cuisses un peu moins) Ces enfoirés ont aménagé une piste forestière à la fin des vallons qui permet de regagner un des domaines sans lever le petit doigt, alors qu'avant on devait grimper un chemin, les skis sur l'épaule. Pff. Voilà que tout le charme, la difficulté, est en partie enlevée, et qu'encore une fois, on met à disposition des feignasses et pas doués les meilleurs endroits... Déjà qu'ils avaient installé un téléski à un endroit où on montait les skis sur l'épaule, annihilant ainsi un excellent hors piste délicieux par bonne poudre !

De la musique fictive dans ma tête, un air doux qu'un ami m'avait fait découvrir, le soleil s'était un peu montré, perçant les nuages, juste au dessus des crêtes terribles, et c'était magnifique. Là où c'était beau, je prenais le temps de m'arrêter regarder, longtemps, bien que ce paysage, je le connaisse par coeur. Les douces collines blanches que l'on dévale, désertes, le vide pour soi, toute la station à faire et refaire en un après-midi en évitant les rares endroits peuplés : c'est encore trop court, ce laps de temps est insuffisant, on voudrait être un oiseau, s'envoler depuis un sommet pour aller d'un pic à un autre... Assise, j'ôte le bruit du télésiège, des skis dans la neige et des échanges de paroles, et là miracle il n'y a vraiment aucun bruit. La montagne est un endroit extrêmement silencieux lorsqu'il n'y a pas de vent et qu'on est dans la partie où il n'y a plus de connifères. Là où il y en a, c'est un plaisir que d'entendre des oiseaux de temps en temps.

Sortie du 26 décembre à Prapoutel

# Posté le jeudi 07 février 2008 16:41

Modifié le mercredi 04 juin 2008 12:37

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