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. : Agalloch - A poem by yeats

Foncer à la gare. Voir qu'il y a un gars de la bande avec qui je traîne. Prier pour qu'il reste une place dans le car. Maudire le jour où tout le monde va skier. Renseigner de jeunes gens non habitués à ce moyen d'aller skier (...et surtout à 17h35 grouillez vous de sauter dans le car le plus vite avant que ceux n'ayant réservé ne vous piquent la place, vous avez compris les gars ?) Enfin, flanquer son matos dans la soute, et en avant la musique.

Les soucis de la ville qui prennent au bide et donnent envie de vomir, une fois là-bas s'envolent, les gestes habituels : chaussures, bandeau, masque, gants, zou.

La première chose que je fais c'est foncer sur le gros déblayable, joindre le TS de la Pouta et une fois là-haut, grimper sur la crête, et enfin, me poser... (casse-croûter parce que j'ai pas encore bouffé, au passage) et ça y est ça vous paraît con mais je réalise enfin ce que je souhaitais faire depuis tant de temps... j'ai pas de MP3 alors je peux jamais écouter de musique sauf sur mon ordi, alors j'ai fait un truc impensable, dégeulasse, contradictoire par le culte voué à la montagne : amener mon PC.

Simplement pour enfin entendre A poem by yeats d'Agalloch depuis mon nid qui domine la vallée.

Après, d'autres morceaux, plus aériens les uns que les autres, et là c'était incroyable, jamais je ne me suis sentie comme là, faite de lambeaux de vent, c'est là qu'on respire le vrai air, qu'on sait qu'on a deux ailes blanches dans le dos qui ne se voient pas mais qui sont là, qui donnent envie de se jeter dans le vide, la plus belle manière de se tuer... le saut de l'ange depuis tout là-haut. J'étais aggrippée sur un versant de la montagne, d'un côté celui sombre et sournois, de l'autre le côté de la liberté et de la vue magnifique, accrochée à la neige, soulevée au même rythme qu'elle par le même vent, j'étais flocons, je croque un bout de chocolat je croquais les rochers, je déchirais de la viande j'écartelais un choucas. L'envie formidable de hurler me prenait, de joie, depuis longtemps, de joie... de joie pure ! La carapace givrée fondant au soleil de la poudre brillait, et sur toute une crête sous le soleil se profilait ainsi des scintillements produits par des plaques de neige exposées à l'astre, comme des feux passant de montagne en montagne d'alerte !

Björk a capella dans les étendues de neige, dès la première fois que j'ai entendu ce chant, je voulais je voulais l'entendre au sommet d'une montagne, et enfin ! Mieux que tout... sans personne sans en ressentir le besoin l'envie, juste être le ciel, être le vent, être la neige...

Sortie du 19 janvier à Prapoutel

# Posté le jeudi 07 février 2008 16:50

Modifié le mercredi 04 juin 2008 12:38

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