. : On entend la sonnerie du lycée depuis le sommet de la Bastille
Je suis censée être malade mais l'aprèm je me sens suffisamment en forme pour sortir un peu. Je m'ennuie, sur msn. C'est là qu'un ami du lycée dit que c'est l'heure idéale pour faire des photos. C'est vrai... la position du soleil est idéale. Alors je lui demande si je peux venir, et hardi petit, en avant, nous allons en haut de la Bastille.
En Saison Froide, la nature sans neige et ses chemins, c'est comme du black metal. A celui qui n'y fait pas gaffe, c'est la même chose dans l'ensemble, répétitif, avec toujours les mêmes couleurs, la même terre, les mêmes plantes. Mais pour celui qui aime, ce n'est jamais deux fois la même chose, il y a des détails surprenants, de la finesse qu'il faut prendre le temps d'observer.
Je ne connaissais pas l'accès par le Rabot, c'est chose faite. Ainsi que le fameux pré derrière le fort où, l'été, on fait des feux de camps et beuveries. La vue y est magnifique. On a longtemps regardé. Les corbeaux passaient et criaient. Il y en a plein, là-haut, quelquefois ils viennent en ville. J'avais, dans la tête, un tranquille son de reiki. C'était apaisant. Evidemment il y avait des cannettes de bière et des cartons... alors qu'il y avait des poubelles pas loin, les gens me désolent. C'est vrai que c'est pas impeccable, tout ce coin - surtout aux trous de la Bastille, coin où certains SDF logent, sous les arches.
L'immensité. On voit l'accès au Sappey, Corenc et ses bourgeoises maisons, la vallée du Grésivaudan, Belledonne en face, le ciel entre tout cela. Il faudrait être un oiseau, et parcourir tout cela au gré des vents...
La redescente dans la civilisation. Dans le calme, avec nos appareils photo, baignés du chant des oiseaux et de la lumière du soleil d'hiver qui meurt. Les touffes d'herbe sont sèches, les arbres cassants, les feuilles mortes, mais on respirait aujourd'hui le printemps.