. : I'm still loving youuuuu, awuuuuh...
Ma promesse : "un jour j'irai au sommet du pic de Domène"... Les morceaux des Scorpions s'enchaînaient dans la voiture, beuglant le rock énergique tantôt mélancolique de certaines complaintes. La route mouillée et la forêt grise détrempée de Gières et alentours ont fait place à la cambrousse post-St Martin d'Uriage, j'étais au bord des larmes comme depuis vendredi. Je ne pleurerai pas. A 1000 mètres environ le brouillard a commencé, la forêt était humide, rousse de restes d'or, le sol encore vert, je pensais à toi, toi qui ne lira jamais ma prose. C'est lors du long hurlement de Still Loving You que la neige parut, d'abord saupoudrée, sur les sapins ou le rouge vif des baies, puis là sur les talus, sur les branches fines, sur la route partout dans l'air dans le coeur, dans mon ventre dans mes yeux, la neige, ma neige, et toi absent, toi absent toi qui meurs je serais prêt à te chanter l'intégrale des Scorpions sous ta fenêtre pour que tu comprennes que je ne t'abandonnes pas, je t'aime mon petit loup...
Nous sommes allés à la station Chamrousse. Une grosse couche de neige (jusqu'à 50 disait-on...) où j'enfonce joyeusement les pieds dedans, écoutant ravi le crrrrr crrrrr typique. La station morte, fantôme. Il y a bien quelques personnes qui font de la luge mais les maisons fermées alors que tout est enneigé, les magasins de location de matériel abandonnés, tout ça fait très Shining (surtout avec le design des vieux bâtiments de station). J'ai envie de forcer une maison tranquille et d'y passer un mois, tout ce temps où les propriétaires ne sont pas là, à skier sous le brouillard, ça serait bonnard. Il neigeote.
On redescend plus bas, on va se promener en forêt. On parle de loups. Je ne veux pas pleurer. Je ne suis pas seul.
Deux kilomètres plus tard, tout au plus, je gambade toujours aussi joyeusement, ravi de la neige et des baies rouges, du gris de la forêt mêlé au blanc, de la mousse encore verte déjà prise sous les stalactites, de la vue du brouillard déchiré sur le fond des vallées et les autres montagnes enneigées. En bas n'existe plus.
En bas n'existe pas, il n'y a que la forêt avec le brouillard qui s'en élève ("les renards fond la soupe", dit quelqu'un...)
Tiraillé entre deux refuges... Tes bras comme rester dans les replis de la forêt en hiver... Je pourrais rester des heures sans bouger dans les deux.
Reviens...