[archive] Mercredi 28 octobre

L'eau est quelque chose d'atrocement précieux, notre quotidien ne le met pas en valeur. Quelquefois ça m'est arrivé d'oublier ma bouteille de flotte, ou la perdre comme la dernière fois, et c'est laper avidement ces quelques gouttes qui leur donnent toute leur valeur.

 Mercredi 28 octobre

# Posté le mercredi 28 octobre 2009 15:49

[archive] Mercredi 28 octobre

~

Voilà voilà pour aujourd'hui... Au retour la nuit est très vite tombée, la lune brillait par dessus les falaises roses tandis que les sapins étaient déjà sombres. Mais je me sens moins heureux de sortir à la rencontre de la liberté. Quelque chose au fond des tripes m'oppresse. J'ai failli paniquer à un moment, où je devais retrouver un croisement qui n'était pas donné... Contrainte horaire ? Frustration née de là où du fait de ne pas pouvoir partir plusieurs jours ? Malaise de stress parce que je risque de ne pas être admis dans les établissements de mon choix l'année prochaine, rayant le futur d'un trait ?
Car oui les projets d'avenir se concrétisent et j'ai peur, peur que ma passion perde son importance face à d'autres et leur dossier en béton... Stages, bénévolat, dossier, tout se presse dans ma tête, je vais devoir jouer l'ultime carte, le joker de la sincérité et de l'humilité : non messieurs dame, je ne décollerai pas de ma montagne.

~

J'en ai marre de rentrer bien sagement comme si la vie s'arrêtait au coucher du soleil
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 28 octobre 2009 15:55

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 16:07

[archive] Jeudi 29 octobre

Ce n'est pas la ville qui me bannit, c'est moi qui ne veux plus voir sa tronche. Je fuis, toujours. Je suis allé me réfugier sur les pentes du Vercors, pour six ou huit heures. Pour quelques heures de solitude.

J'aime même plus là où je vais. Ce genre d'endroit, ça passe que par de la moyenne campagne, moyenne montagne. Alors je me farcis les lotissements en construction, tous plus laids les uns que les autres, les chiens qui te braillent dessus si tu as le malheur de passer à côté de leur périmètre, les voitures de richetons qui dévalent les pentes à fond la caisse, les touristes qui vont marcher dans les endroits interdits de la tourbière après être montés en bagnole quand toi tu viens de te farcir 8 km et demi à pinces, la route toujours la route, l'omniprésence de toute cette civilisation qui vous rappellent que là où vous posez le pied ça n'est certainement pas sauvage.

C'est définitif, je préfère la montagne, la vraie...

Donc bon oui c'était beau... mais c'est pas ce que je préfère ce genre de balades, je me sens horriblement bridé. Ah oui précisons que je suis allé à la tourbière du Peuil, mais je n'ai rien vu parce qu'on ne peut pas s'en approcher (aux Chambarans on passe dessus par des pontons en bois, ici on la contourne par sécurité). J'ai fait 18,5 km... Six heures de marche environ...

Putain... le toit du monde me manque... j'avais une belle vue dessus, mais bordel...

 Jeudi 29 octobre

# Posté le vendredi 30 octobre 2009 08:55

Modifié le mardi 03 novembre 2009 16:44

Chambarans VS Center Parc, la lutte continue - Voir leurs pubs à la télévision me font tressaillir de dégoût

Bonjour,


La société Pierre & Vacances devrait bientôt détruire le bois des Avenières à Roybon dans les Chambarans pour construire son nouveau domaine touristique.
Quelques opposants à Center Parcs proposent une promenade le mercredi 11 novembre 2009 à partir de 14 heures dans ce bois des Avenières qui nous sera prochainement interdit d'accès.

Vous trouverez une version imprimable avec quelques précisions en pièce jointe.

Nous vous remercions de faire circuler.
Quelques opposants à Center Parcs (QoCP)



> Gentes dames et seigneurs de la province du Dauphiné... Faites circuler l'info !

Et encore un dessin qui tue

Chambarans VS Center Parc, la lutte continue - Voir leurs pubs à la télévision me font tressaillir de dégoût
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 02 novembre 2009 03:12

Modifié le mercredi 04 novembre 2009 15:28

[archive] Dimanche 8 novembre

 Dimanche 8 novembre


. : I'm still loving youuuuu, awuuuuh...

Ma promesse : "un jour j'irai au sommet du pic de Domène"... Les morceaux des Scorpions s'enchaînaient dans la voiture, beuglant le rock énergique tantôt mélancolique de certaines complaintes. La route mouillée et la forêt grise détrempée de Gières et alentours ont fait place à la cambrousse post-St Martin d'Uriage, j'étais au bord des larmes comme depuis vendredi. Je ne pleurerai pas. A 1000 mètres environ le brouillard a commencé, la forêt était humide, rousse de restes d'or, le sol encore vert, je pensais à toi, toi qui ne lira jamais ma prose. C'est lors du long hurlement de Still Loving You que la neige parut, d'abord saupoudrée, sur les sapins ou le rouge vif des baies, puis là sur les talus, sur les branches fines, sur la route partout dans l'air dans le coeur, dans mon ventre dans mes yeux, la neige, ma neige, et toi absent, toi absent toi qui meurs je serais prêt à te chanter l'intégrale des Scorpions sous ta fenêtre pour que tu comprennes que je ne t'abandonnes pas, je t'aime mon petit loup...

Nous sommes allés à la station Chamrousse. Une grosse couche de neige (jusqu'à 50 disait-on...) où j'enfonce joyeusement les pieds dedans, écoutant ravi le crrrrr crrrrr typique. La station morte, fantôme. Il y a bien quelques personnes qui font de la luge mais les maisons fermées alors que tout est enneigé, les magasins de location de matériel abandonnés, tout ça fait très Shining (surtout avec le design des vieux bâtiments de station). J'ai envie de forcer une maison tranquille et d'y passer un mois, tout ce temps où les propriétaires ne sont pas là, à skier sous le brouillard, ça serait bonnard. Il neigeote.
On redescend plus bas, on va se promener en forêt. On parle de loups. Je ne veux pas pleurer. Je ne suis pas seul.
Deux kilomètres plus tard, tout au plus, je gambade toujours aussi joyeusement, ravi de la neige et des baies rouges, du gris de la forêt mêlé au blanc, de la mousse encore verte déjà prise sous les stalactites, de la vue du brouillard déchiré sur le fond des vallées et les autres montagnes enneigées. En bas n'existe plus. En bas n'existe pas, il n'y a que la forêt avec le brouillard qui s'en élève ("les renards fond la soupe", dit quelqu'un...)

Tiraillé entre deux refuges... Tes bras comme rester dans les replis de la forêt en hiver... Je pourrais rester des heures sans bouger dans les deux.

Reviens...

# Posté le dimanche 08 novembre 2009 11:23

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 12:17