. : La chèvre de Mr. Seguin
C'est l'histoire d'un après-midi chez les grands parents, donc en banlieue, en campagne, ce qui permet d'aller se promener solitairement dans des lieux agréables. C'était après le repas, je voulais monter aux Champs, lieu de longs souvenirs d'enfance. Seule, j'accomplis rapidement le chemin. En grandissant, ça devient plus facile, forcément.
Sur le côté il y a toujours eu une sorte de pré aux herbes folles, au relief accidenté et aux arbres tordus, de la broussaille de partout. Abandonné. Je suis passée sous des barbelés... et ait découvert un paradis où l'homme n'avait plus d'emprise. C'est rare, à présent dans de tels endroits, de trouver un lieu libre où la végétation reprend ses droits.
Liberté je crie ton nom, et y'avait un vent à décorner les beaufs ! J'ai couru. Il y avait des arbres plus tordus les uns que les autres, couverts de mousse verte ou de lichen bleu, des arbres morts, à l'écorce pâle. Le sol était doux : des herbes sèches, pliées, de la mousse, et de l'herbe nouvelle. Des violettes, au sol, et des coucous jaunes. Les églantiers pourvus encore de leurs fruits déployaient leurs nouvelles feuilles. Cet endroit au relief varié s'étendait très loin, présentant des zones d'herbe sèche jaune pliée au sol ou des coins plus verts, des arbres en fleur et des arbres morts.
La chèvre de Mr. Seguin cabriole dans une montagne racontée comme merveilleuse, colorée. Ici, c'était pareil. Se rouler sur le sol moelleux, ramper sous les broussailles, sautiller au vent, se percher sur une souche morte. Le ciel était gris, l'air doux, on entendait des cris d'oiseaux, mais lesquels ? J'irai vérifier ça par un petit tour au museum d'histoire naturelle...
Je me suis promenée loin. Il n'y avait jamais deux fois les mêmes choses. Petit arbre, grand buisson, ruisseau à la fin d'une pente, tant de havres de paix miniatures... Qu'on est bien, si tout seul.
Agalloch - The misshapen steed