Jura 5

Jura 5

# Posted on Monday, 13 October 2008 at 7:25 AM

Lever de soleil, le retour

Lever de soleil, le retour
A V A L O N - attends-moi..

Le ciel comme un espoir était déjà paré de dégradés extraordinaires, l'eau de l'Isère en traversant le pont était si claire qu'on voyait le fond, ni bleue ni verte, teintée de nuit et de reflets de jour naissant. Il était trop tard pour aller là-haut mais pas pour se caller dans un coin de Chalemont et ne rien manquer du spectacle, et là, juste sur le pont, les bourgeoises maisons de Corenc encore illuminées, rappellant la tiédeur du foyer luttant contre la nuit, et la Bastille déjà grise de matin, et son ciel derrière aussi : et cela m'appellait, me hurlait de revenir marcher à pas de loup dans l'aube, cette atmosphère unique et sauvage qui m'avait marqué la première fois.

Une immense crinière de nuages blancs effilés traversait le ciel. En face, Belledonne allait donner le soleil sur la ville. Les nuages juste au-dessus furent d'abord un peu rosés, puis sous mes yeux ébahis, se mirent à rougir. A rougir.

Bel oiseau blanc du bout du monde,
Fils de deux muets, fils du Pays,
Rebelle semblant entre deux mondes,
Tire d'aile sanglant de quel pays?
Feu noir sur trois abers,
Sang noir sur dix estuaires,
Sept îles et fer en pluie.
Battu de vent, flottant bastion,
Battu devant, flots, tourbillons,
Battu, battant sang pavillon,
Soleil levant, noir, sans rayons.
Noirs l'eau, le feu, la terre,
Noirs de feu les deux airs,
Le vent, la brume aussi.
Mer en brume soleil déforme,
Terre en brume vieillie diforme;
Doigts sont changeants en dix corneilles,
Poissons sanglants en dix orteils.
Pigeons de feu sur mer,
Poison de gueux sous mer,
Sept îles et fer en pluie.
Morte saison sans floraison,
Morte maison, sang, déraison;
Saisons perdues en oraisons,
Moissons perdues sans rébellion.
Feuillaison en hiver,
Fenaison en désert,
Grésil de fer en pluie.
Discours de feu, discours de veau,
Concours de peu, discours dévots,
Secours de peu, futiles travaux,
Séjours de feu pour mille chevaux.
Noire langue des vipères,
Noire lande de colère,
Les vents, les hommes aussi.
Mil malloz ru, chant de l'épée,
Mille noires statues, noirs policiers,
Mille poings tendus, dix poings brisés,
Mille printemps dus pour mille années.
Cent mille hommes en colère,
Mille hommes sans la mer,
Sang, larmes et fer en pluie.
Mortes tribus sans héritiers
Portent tribut sang à payer.
Soleil fendu, bois condamnés,
Sol est venu, lois sont damnées.
Au temps que meurt la mer,
Autant se meurt la terre
Sous peur, sous fer en pluie.
Jour de demain, courage ardent.
Jour de Samain, coups, rage aux dents.
Seront les veaux perdant sang blanc,
Seront les loups perdant cents dents.
Rouge fin,
Rouge avers;
Rouge poings,
Rouge guerre.
Rouges mains,
Rouges serres;
Rouge festin,
Rouge chair,
Rouge vin,
Rouge bière,

Le feu, la mer aussi.

Tri Yann - Le soleil est noir

La crinière embrasée se projetait dans le ciel, faisant fuir des corbeaux hurlants. Derrière cette montagne, était-ce l'apocalypse ? Un champ de bataille où les guerriers agonisaient ? On eût dit que l'étoile avait pompé le sang, la rage et le feu pour le projeter ici, menaçant.

Puis l'incroyable déflagration céleste se calma. Et aujourd'hui, je ne vis pas le soleil se lever, il était mort.

# Posted on Monday, 27 October 2008 at 3:57 AM

Edited on Monday, 27 October 2008 at 4:42 PM

Des vacances bien menées.

Outre ce superbe lever de soleil, ces vacances m'ont vraiment comblée.

=> Il y a eu les premières neiges sérieuses ! A partir d'environ 800 ! (sachez que Gre' est à 214 exactement.) Et il paraît que mon cher et tendre en a d'ailleurs profité pour aller se rouler dans la neige. Y'en a qui ont de la chance.
=> Belle balade solitaire un dimanche qui m'a amené à découvrir le coin de St Martin le Vinoux.
=> Impressionnante rando du jour : environ 6h30, une vingtaine de bornes à pied. (Bastille > Jallat > Rachais > Vers Col de Vence > St Quaix en Chartreuse > St Martin le Vinoux > Grenoble)

. : 20 Km à pieds, ça use, ça use...

Le réveil extirpa le troll de son nid vers huit heures tassées pour se rendre péniblement en bas de la Bastille à 9h, où découverte tragique du jour : le portable, seule communication avec le monde extérieur en cas de problème majeur tel qu'une tornade ou une attaque de morts-vivants, a rendu l'âme, avec le contenu de la gourde du compagnon de route du troll. C'est donc avec une petite bouteille d'eau, du saucisson, du pain, du Milka et des pommes que les compagnons se dirigent vers leur destination principale : Le Mont Rachais.
La montée est aisée, car à force de cavaler par le même chemin, les compères en ont pris l'habitude, et plus ça va, plus ils peuvent aller loin. C'est là que vous réalisez que vous n'avez pas de limites, se dit le troll en gravissant les rochers qui par-delà le mont Jallat, mènent au mont Rachais. (Même si de fréquentes pauses pour haleter s'avèrent nécéssaires dans les endroits raides.) En face, Belledonne, c'est enneigé. On aurait dit que les montagnes n'attendaient que cela : leur chapeau blanc, sans cela elle perdent leur normalité. Le cadre de la promenade valait son détour : les flancs de la montagne étaient parés des couleurs automnales, à chaque détour de chemin le jaune vif se mêlait au roux, au noir du bois, parfois à la roche blanche tranchant avec le vert mousse. Et le paysage est, en approchant de Rachais, varié : on croise des conifères variés sur l'herbe douce couchée au milieu de la broussaille, des chênes. Au fait depuis le temps que j'en parle de ces fameuses montagnes-dans-la-ville, vous ne voulez pas les voir ?

L'objectif atteint ... Il a plu au sommet. C'est frais. Une plaque calligraphiée par "tom, 10 ans" indique : Mont Rachais, 1050m. Un tout petit panneau sur un poteau rouillé, à un tout petit endroit à peine débroussaillé où les compagnons se posent pour manger, où les gens passent, s'arrêtent à peine - c'est tout l'effet que ça leur fait de dominer Grenoble, ses vallées, être à l'égal des autres montagnes ? Le Troll vit même deux nénettes monter le chemin en courant et redescendre illico une fois le point atteint, avec autant de volonté d'être proche de la nature qu'une salle de gymnase. Bande de cons...

Après cette pause, les deux amis se lèvent et se retrouvent avec un brouillard dans la gueule pendant la durée approximative de quelques secondes, précédé d'un certain rafraîchissement. Ici tout va vite : les nuages sont ceux qui passent sans s'arrêter, la brume est aussi éphémère et légère que ça. Le chemin en direction du col de Vence, tout aussi chaotique et cabri que l'aller, leur incite à venir le fouler de leurs pieds, et c'est ainsi que tel la Communauté de l'Anneau sur le col de Caradhras, les voilà inquiétés par la brume imminente, partis continuer cette balade qui prend tout de l'allure d'une sorte d'errance, toujours plus loin dans les lieux montagneux et non civilisés.

Ainsi, l'équipe traverse une belle forêt rousse aux grands arbres et aborde un magnifique pré vert, immense, peuplé de quelques vaches. Ils sont passés au-delà Rachais et ils sont dans la Chartreuse, ce coeur protégé par une muraille montagneuse. Comme s'il avait pénétré le coeur de quelqu'un, Troll traverse le pré en admirant la crête ciselée du Néron qu'on ne voit pas de l'extérieur, une roche dressée... Le nom des montagnes, des cols, des pics, cela s'apprend. Mais Troll voyage en se disant simplement : j'ai envie de passer par là. Et il le fait. C'est tout simplement magnifique, de cet immense pré, les vallées tranquilles, si peu de maisons, tant de forêt, le fort du Sappey et la silhouette dangereuse de la falaise. Le voyage, l'aventure, la vraie ! Et qui continue à l'être, car tous deux voyageurs empruntent un autre chemin roux fauve qui s'avère être dépourvu de toutes les balises vues auparavant. Au hasard, ils avancent, car la voie est dégagée et facile d'accès. Elle ne descend pas en direction du col de Vence mais bifurque en direction du col de Clémencières... (C'est ainsi que commence un gros délire de survie façon South Park) Mais tranquillement cette voie donne sur un village tout mignon et peuplé d'une colonie de chats. Quaix en Chartreuse. Affolement (putain on est vachte loin ! On rentre dans quelle direction... col de Vence ou on continue sur St Martin le Vinoux ?) Second choix et commence une longue traversée de villages en villages. Au cours du périple, un troisième compagnon vint se joindre à l'aventure. Il s'agit d'un machin poilu à quatre pattes, en cavale, comme eux sûrement en quête d'aventure. Il est craintif mais un bout de saucisson lui flattant les narines permet de le garder à leur portée pour éviter qu'il ne se jette trop sous les roues de voiture sur la route.
C'est comme ça que ce chien et deux marcheurs firent tout de même environ 4 km ensemble... A la fin, il les attendait, regardait ce qu'ils regardaient, et les humains le protégaient des bagnoles. Jusqu'à ce que l'une d'elles s'arrête, et qu'une nana apparament sa proprio ne l'embarque. Sans un regard sur les voyageurs, qui avaient veillé sur ce chien. Merci sympa.

Le reste jusqu'aux maisons respectives fut purement bétonné, et de belle campagne montagneuse passa en campagne urbanisée puis carrément village proche de ville, afin de rejoindre la cité bétonnée, et ce au terme de moults virages, pente, après avoir longé le Néron et le Mont Rachais d'en bas.

Belle grande promenade. Colorée de toutes les couleurs et de météos différentes, des regards différents sur chaque chaîne de montagne. Un sentiment de domination et une grande envie de voyage...

# Posted on Tuesday, 04 November 2008 at 10:41 AM

Did you see the Troll ?

Et t'as déjà vu un Troll ?

PS : programme pour plus tard dans l'année ? Partir en Alaska ! Youpiiii !!!!
Did you see the Troll ?

# Posted on Friday, 07 November 2008 at 12:48 PM

Tunnel sous la Bastille... [coup d'gueule coup d'boule]

Vous savez quoi ?
Grenoble en 2018 elle veut les J.O
Et puis quoi encore ? On en veut pas de c'paquet de touristes à la con, de ces aménagements sur les flancs de la Bastille... (on c'est les "ecolo di merda !" qui taguent comme de gros reb3lzzz les bancs [x ... )
Mais pire...

"

Le tunnel sous la Bastille
Entre La Tronche et l'esplanade (Grenoble - Saint-Martin le Vinoux), la rocade-Nord de Grenoble franchit la colline de la Bastille par deux tunnels contigus de deux voies chacun, positionnés au-dessus du niveau de la nappe.
A La Tronche, il n'y a pas d'interruption entre la tranchée couverte et le tunnel : la rocade reste constamment invisible de la surface.



"

Vous avez en bas de page un plan (pour les gens du coin qui reconnaîtraient, on sait jamais).
1) ça coûte cher.
2) ça va polluer.
3) ça va abîmer la montagne, l'éviscerer.
4) ça débouchera pas plus la circulation et créera du bruit encore de la pollution encore et dans un lieu qui était jusque-à à peu près épargné...
5) Le coin tranquille de La Tronche ? Le paisible St Martin le Vinoux ? Envahis par du bruit, des bagnoles, des....

N O N

Heureusement les réactions sur la page font chaud au coeur ! Quand ça manifera croyez-moi que j'serai dans le tas !
C'est immonde qu'on puisse lire des pro-rocades et autres favorables à ce projet, qui pour leur raison égoïste de gagner 10 minutes de trajet (et encore...) pour aller au boulot le matin veulent sacrifier du calme, une aire de vie encore paisible et la Montagne. Vous trouvez pas qu'on l'a suffisament abîmée comme ça putain ? Non vous vous en FOUTEZ royalement !
Bah pas moi !
Pas ceux qui aiment s'y promener, pas ceux qui recherchent le CALME, merde, on peut plus trouver UN coin où l'humain n'a pas posé sa sale patte de nos jours !
La nature est à tous du moment qu'un minimum de respect lui est témoigné, et vous trouvez que l'aménager pour l'humain, ce gros con, en déblayant tout le reste, c'est intelligent, c'est du respect et que c'est comme ça qu'on va rétablir un équilibre humanité/nature qu'on recherche pour éviter de se retrouver avec du 100% béton bien nuisible ? Nous somme dans un pays où nous devenons conditionnés par nos boulots, conditionnés par un mode de vie, voulez-vous que notre plus bel habitat soit lui aussi conditionné ou est-ce qu'on peut encore opposer à la liberté de construire celle de préserver ?

Oh putain quoi abusé !

# Posted on Thursday, 13 November 2008 at 6:30 PM